Lettre du DPCPublié le 20 novembre 2017

… « C’était fini le bon temps! » Je poursuis mon histoire en DPC.

Après ma petite expérience d’organisateur de DPC pour les collègues de ma clinique, le DSP de la Cité de la santé de Laval, le Dr Raymond Carignan vient me voir pour me demander d’organiser la formation continue pour l’hôpital. Quelqu’un avait dû lui souffler dans l’oreille que cela pourrait m’intéresser. On est en 1978. Je prends donc en charge le Comité d’ÉMC (DPC) de l’établissement. Heureusement, j’entends parler d’un Colloque provincial des organisateurs d’ÉMC (DPC) qui va se tenir à Cantrakon (centre de congrès en Outaouais) au Mont Sainte-Marie prochainement. J’insiste pour me faire envoyer à cette activité.

Quel bonheur de rencontrer plusieurs organisateurs d’ÉMC (DPC), des novices comme moi et des personnes plus expérimentées. C’est le 2e évènement du genre et les organisateurs, le Conseil d’ÉMC du Québec (CÉMCQ) qui deviendra le CQDPCM plus tard, fier du succès du 1er récidive rapidement avec ce 2e Colloque : « Comment organiser un programme d’ÉMC dans son milieu ». C’est exactement ce qu’il me faut pour débuter mon premier mandat à la Cité de la Santé. J’y rencontre des experts du domaine.

C’est la première fois, pour moi, que j’entends parler de motivation, d’identification de besoins, des besoins aux objectifs de formation, des différentes activités pédagogiques, des ressources éducatives… J’apprends un nouveau mot : « Les embusqués ». Ce sont des médecins qui quoiqu’on fasse ne viendront pas aux activités collectives de DPC. Alors, au lieu d’essayer de trouver des solutions pour les attirer, il vaut mieux concentrer nos efforts à ceux qui viennent et travailler avec les participants pour leur permettre d’atteindre les objectifs de formation et les aider à implanter leur nouveau savoir auprès d’eux avec des innovations pédagogiques plus rentables.

Cette première activité de formation des organisateurs québécois de DPC m’a aussi permis de connaitre le CÉMCQ (CQDPCM), organisme de concertation né en 1975, regroupant toutes les forces vives en DPC au Québec. J’ai participé à presque tous les Colloques depuis ce temps-là. J’ai même organisé plusieurs de ceux-ci parce que j’ai joint les rangs de cette merveilleuse organisation en 1985 comme représentant du Collège québécois des médecins de famille. Quelle chance de pouvoir m’assoir avec des sommités de l’époque comme Dr Jean Vincelette, Dr André Sindon, Dr Gilles Desrosiers, Dr Jacques Desmarchais, Dr Gilles Pigeon, Dr Robert L. Thivierge, et plusieurs autres. Quelle chance de pouvoir acquérir tout ce savoir, ce savoir-être et ce savoir-faire en DPC. J’ai vu apparaitre le « Vademecum en DPC » en 1983 et j’ai même participé à la 2e version avec mes collègues du Conseil de cette époque pour aider les futurs responsables de DPC et faciliter leur travail, car souvent les responsables de DPC sont parachutés dans ce travail sans en connaitre vraiment les tenants et les aboutissants. Donc, en plus des Colloques de formations, il y avait un document énonçant les principes de base en ÉMC (DPC).

Le CÉMCQ (CQDPCM) préparait aussi le répertoire des activités de DPC de toutes les organisations membres pour offrir aux médecins un outil de planification de leur programme de DPC pour l’année. En plus, Le CÉMCQ (CQDPCM) préparait un annuaire des responsables de DPC pour créer une communauté des organisateurs locaux, régionaux, provinciaux et associatifs en DPC. Chacun pouvait communiquer avec ses collègues pour échanger sur des expériences à faire ou à venir. Des bons coups et des mauvaises expériences à ne pas répéter.

En plus, le CÉMCQ (CQDPCM) commença à publier un bulletin de nouvelles pour cette clientèle afin de maintenir le contact et permettre un certain réseautage : c’est la première lettre du DPC qui s’appelait « L’Organisateur d’ÉMC » parue en décembre 1987 (oui, ça fait longtemps). La chronique du Dr Ajour (Dr Jean Vincelette) suscitait beaucoup de réactions. On y trouvait aussi des fiches techniques et des trucs et astuces pour aider les responsables de DPC. Quelle belle organisation unique en Amérique du Nord et probablement dans le monde entier. Quel joyau qu’il faut maintenir et protéger même encore aujourd’hui. Je suis fier d’en avoir fait partie, d’avoir été président de 1988 à 1992 et d’avoir été secrétaire de 1996 à 2013. J’en profite pour remercier tous mes collègues au fil des ans qui m’ont permis d’apprendre, de grandir et d’avoir aidé au développement de la science du DPC.

Au fil du temps, l’implication des sociétés commerciales, notamment des compagnies pharmaceutiques devenait de plus en plus grandissante en DPC et plusieurs craignaient les conflits d’intérêts et leur monopole en influençant indument les sujets et les conférenciers. Le CÉMCQ (CQDPCM) sent le besoin de préciser les règles en publiant avec leur aide et particulièrement M. André Marcheterre (Président de Merck Frosst) le premier « Guide d’éthique des relations avec les sociétés commerciales » en 1995. Quelle belle initiative québécoise qui a fait bouger tout le Canada et nos amis américains.

Donc, ma participation au niveau local (ma clinique) de façon empirique m’a permis de m’impliquer au niveau régional (la Cité de la santé de Laval). Puis mon implication au CÉMCQ (CQDPCM) m’a fait apprendre et évoluer avec une base solide des principes andragogiques et organisationnels pour offrir à mes collègues québécois (provincial) et canadiens (national) des activités de DPC de qualité qui leur ont permis de maintenir et améliorer leur compétence afin d’offrir des soins de la plus grande qualité.

 

André Jacques, MD, LCMC, CCMFC, FCMFC

Un retraité toujours heureux!

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