NouvellesPublié le 4 novembre 2019

Résultats et conclusions suite à l’implantation du projet: «Processus de formation interdisciplinaire visant l’implantation d’une nouvelle trajectoire patient en chirurgie gynécologique ambulatoire»

La chirurgie d’un jour (CDJ) présente de multiples avantages tant pour le patient que pour le système de santé. Cette trajectoire est de plus en plus utilisée notamment pour les hystérectomies totales par laparoscopie (HTL). Malheureusement, cette pratique est encore très rare au Québec. Nous avons donc mis en place un processus de formation permettant l’implantation sécuritaire de cette approche novatrice dans notre institution.

En décembre 2017, nous avons ciblé les besoins d’enseignement et déterminé des objectifs d’apprentissage pour chaque spécialité concernée (sciences infirmières, anesthésiologie, gynécologie et pharmacie). Nous avons défini des personnes ressources responsables de former chacune d’elles. La formation a d’abord pris la forme de présentations scientifiques formelles adaptées à l’auditoire concerné et portant sur les meilleures pratiques en chirurgie ambulatoire gynécologique. Ces présentations ont aussi servi de moments privilégiés pour répondre aux questions et recueillir les commentaires des intervenants. Un document d’enseignement de la trajectoire periopératoire a aussi été produit pour servir de référence aux infirmières. Depuis janvier 2018, les professionnels concernés ont tous eu au moins une séance de formation.

Ce projet améliore la façon usuelle de faire du DPC parce que contrairement à une approche traditionnelle ou chaque profession fait son DPC en silo, dans le présent projet, notre équipe interdisciplinaire a établi un programme de formation adapté à chaque profession pour atteindre un but commun et changer la trajectoire clinique du patient. Nous avons débuté ce projet avec un objectif clinique local de modifier un parcours de soins complexes reposant sur la participation proactive d’un grand nombre d’intervenants. Le succès repose sur l’intégration des objectifs d’apprentissage de chaque discipline dans sa pratique. De plus, notre processus innove en favorisant le développement professionnel simultané de tous les individus d’une très grande équipe diversifiée comme celle des soins périopératoires.

Avec plus de 70 cas réalisés à ce jour, notre processus de formation interdisciplinaire nous a permis d’implanter une nouvelle trajectoire patient en chirurgie gynécologique ambulatoire et ainsi, de diminuer la durée moyenne de séjour, de diminuer les coûts reliés à l’hospitalisation et d’assurer une meilleure utilisation des ressources.

Afin de permettre l’application de notre protocole de soins dans d’autres hôpitaux, nous avons donné une conférence à l’Association des infirmières et infirmiers en soins opératoires du Québec (AIISOQ). D’autre part, nos protocoles sont accessibles directement sur le site de l’Association des gynécologues et obstétriciens du Québec (AOGQ). Puis, nous avons donné une conférence lors du congrès de la SEUD (Society of Endometriosis and Uterine Disorders) à Montréal.

Nous retenons de ce projet que les activités de DPC, lorsque coordonnées entre divers professionnels, peuvent permettre de changer rapidement et positivement les soins et les façons de faire. En plus de cela, la coordination des efforts de formation des membres de diverses disciplines a permis de valoriser l’apport de chaque groupe à l’objectif commun et a consolidé l’esprit d’équipe. Pour terminer, nous sommes honorés d’accepter le prix de l’innovation pédagogique en DPC du CQDPCM.

Cordialement,

Émy Boisvert, infirmière clinicienne
Dr Éric Paradis, obstétricien-gynécologue
Dr Guillaume Fugère-Nadeau, anesthésiologiste

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