Non classifié(e), NouvellesPublié le 9 août 2021

Impact d’une intervention éducative sur la prise en charge de l’obésité

Auteur principal : Dre Marie-France Langlois
Coauteurs : Dr Jean-Patrice Baillargeon, Dre Marianne Xhignesse, Christine Brown, Denise St-Cyr-Tribble, Dre Judith Simoneau-Roy

La prévalence de l’obésité a doublé au cours des 40 dernières années. Les nouvelles lignes directrices de pratique recommandent une prise en charge de l’obésité en première ligne. Toutefois, la majorité des intervenants est peu confortable et outillée pour le faire. Notre objectif était de développer un programme intégré de prise en charge de l’obésité et d’en évaluer l’impact sur l’attitude et les perceptions des professionnels, la pratique clinique et sur les patients.

Pour bâtir l’intervention, nous avons modifié un préceptorat existant à partir des normes de pratique et d’une évaluation des besoins de formation. Une formation de 2 jours intégrant des sessions interactives avec les intervenants de la clinique d’obésité du CHUS, des vignettes cliniques d’intégration et l’observation de rencontres avec des patients réels en a résulté. Les participants avaient accès à des outils cliniques, un forum de discussion et des webinaires mensuels pour permettre un échange entre les participants et les intervenants du CHUS.

Pour la première phase, nous avons recruté un échantillon de convenance de 8 GMFs à l’intérieur du RUIS de l’UdeS (12 infirmières et 23 médecins). Ensuite, nous avons réalisé une étude randomisée par grappe où la moitié des 10 GMFs recrutés a profité de l’intervention alors que l’autre a servi de groupe contrôle (24 infirmières et 41 médecins). Un échantillon de 439 patients suivis par ces professionnels a été recruté. Les participants ont complété des questionnaires avant et un an après l’intervention éducative. Les patients ont été pesés et mesurés par l’équipe de recherche et leur dossier médical révisé.

La première phase a permis de montrer la faisabilité de l’intervention éducative. Une amélioration du niveau de confiance pour la prise en charge de l’obésité de 48% à 72% (p < 0.001), de l’attitude et du sentiment de compétence à faire du counseling sur l’alimentation et l’activité physique a été observée et se maintenait après un an. Ceci s’accompagnait d’indices de changement de la pratique tels que l’offre d’un suivi systématique pour l’obésité et l’évaluation de la réceptivité au changement (p<0.05).

Les résultats de la deuxième phase ont montré que 31% des patients avaient un dépistage de l’obésité et que parmi ceux avec un IMC ≥ 30kg/m2, 52% ont un diagnostic. Suite à la formation, l’amélioration du niveau de confiance, de l’attitude et du sentiment de compétence à prendre en charge l’obésité ont été confirmés. Toutefois, le programme de formation semble avoir eu peu d’impact sur le taux de dépistage de l’obésité (34% vs 32% pour le groupe contrôle, p=0,910). Par contre, chez les patients suivis par les intervenants ayant reçu l’intervention, il semble y avoir une augmentation du taux de diagnostic de l’obésité chez les patients avec IMC ≥ 30 kg/m2 (65,7% vs 54,4%, p=0.31).

Une intervention éducative sur la prise en charge de l’obésité, comprenant une formation de type préceptorat ainsi qu’une communauté virtuelle améliore la confiance, l’attitude et le sentiment de compétence à prendre en charge l’obésité chez les professionnels de GMF.

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